Depuis septembre si je prends des cours de chant avec Ethel Brizard, ce n’est pas tant pour chanter que pour dépasser mon allergie à la lecture à voix haute, allergie me provoquant des asphyxies qui peuvent aisément déboucher sur des évanouissements. Je ne pouvais pas continuer ainsi.

Il se trouve que j’ai lu Plateau, un texte de Fred Griot, et là j’ai bien compris qu’il y avait un monde entre lui et moi.
Ce qu’il dit de la lecture, je ne peux pour l’instant qu’en rêver, ce qui ne m’empêche pas de comprendre et d’acquiescer :

« on aimerait dire la lang de loin doucement — mais on ne peut pas de loin
on est toujours dedans dedans. la parole est un morceau du corps. il y a la respiration et la parole dans les mêmes tubes » p. 8

« je n’écris plus sur quelque chose c’est ce quelque chose là lui-même qui est dedans
comme toujours, aggraver tout cela pas besoin de raconter quelque chose pour que quelque chose se raconte » p. 12

Finissons par cet adage-injonction marseillais : « Un écrivain vivant doit lire lui-même son livre, attendez d’être morte pour le faire lire par un comédien. »

[mon abonnement publie.net : 3]


Les eaux calmes, Jean-François Leroy et Lukas Hoffmann exposent du 4 au 13 décembre à l’Espace Lhomond (21 rue Lhomond, 75005 Paris, M° Place Monge).
Vernissage 3 décembre à partir de 18h.


Saint Luc : 8

30nov09

• Dans le cadre de l’émission Le RenDez-Vous Nicolas Bourriaud et Catherine David sont interviewés par Laurent Goumarre.


[voir le projet]

Les indications données par la voix lors de la lecture des textes entre guillemets sont toujours accompagnées d’une démonstration faite par ceux ou celles qu’elle nomme.

Dans toutes les scènes où ils sont présents :
1 garde un sourire crispé.
3 frappe régulièrement son poing gauche contre sa poitrine.
4 frotte régulièrement son œil droit.
6 garde sa tête dirigée vers le plafond.
7 se déplace comme s’il était sanglé et devait traîner derrière lui deux lourdes poutres.

Lorsqu’il y a plusieurs occurrences d’un même chiffre :
soit chaque occurrence est jouée par le/la même comédien(ne).
soit chaque occurrence est jouée par des comédien(ne)s différent(e)s.

Les didascalies sont en italique.

***

La voix _ p. 4

8, 3, 5 _ p. 6

1, 5, 6¹, 3, 6² _ p. 7

5 _ p.13

2, 6, 7, 3 _ p.15

9, 2, 4 _ p. 21

6, 1 _ p. 26

4, 7_ p. 31

8, 2, 3², 7, 3¹_ p. 32

7¹, 4, 7² _ p. 37

9, 8¹, 8² _ p. 44

9, 4 _ p. 50

4, 9 _ p. 51

2 _ p. 57

5, 1¹, 1³, 2, 1² _ p. 59

9¹, 1, 4¹, 2¹, 5, 4², 2², 9²_ p. 66

Tous _ p. 72

***

8, 3, 5

La voix
Lorsque je lis le texte, je le lis pour la première fois.
Les ordres que je donne sont suivis d’effets pour ceux que je nomme :
« Entre 8 et 3 tous les contacts physiques sont possibles, ils peuvent se voir, se parler et s’entendre.
5 est complètement isolé des autres : aucun contact physique n’est possible avec eux, il ne peut ni les voir ni leur parler ni les entendre. »

8 et 3 se battent et ne font que pousser des hurlements et grogner.
Sans interruption 5 répète le mot “chien”.

***

6, 1

La voix
Lorsque je lis le texte, je le lis pour la première fois.
Les ordres que je donne sont suivis d’effets pour ceux que je nomme :
« Entre 6 et 1 aucun contact physique n’est possible, ils ne peuvent pas se voir, mais ils peuvent se parler et s’entendre. »

1
Ce mur entre nous, il doit vous faire plaisir : vous en rêviez tout éveillée.

6
Je ne vois pas de quoi vous parlez.

1
« Je ne vois pas de quoi vous parlez. » C’est ça ! Faite votre innocente.

6
Où voulez-vous en venir avec vos insinuations ?

1
« Où voulez-vous en venir ? » Ah là là là là. Ça vous va bien ce genre de chose, tout à fait votre genre. Cela vous va comme un gant, une seconde peau.

6
Vous êtes pénible à la longue. Exprimez-vous clairement.

1
« Exprimez-vous clairement. » Vous vous croyez en position de me donner des ordres en plus ! Pour qui vous prenez-vous ?

6
C’est vous qui…

1
J’en ai connu une toute comme vous, toujours a renvoyer la faute sur les autres : le genre « non, non ». Ça n’accepte rien, ça, pas même de tendre le bras. Mais par contre, ça reste l’oreille collée contre le mur pour Dieu sait qui.

6
Vous devenez insultant avec vos « ça ».

1
Mais je ne deviens pas insultant : je l’étais depuis le début, je cachais mon jeu, voilà tout. Une seconde nature chez-moi, comme vous avec votre seconde peau.

6
Ne me mêlez pas à votre histoire, j’ai bien assez à faire avec la mienne.

1
« Ne me mêlez pas. » Ça y est, c’est reparti pour un tour.

6
Vous ne semblez pas avoir pris la mesure de la situation.

1
Vous ne pouvez pas vous en empêcher…

6
Si vous preniez ne serait-ce qu’un instant pour y réfléchir, vous comprendriez que ce n’est pas plus facile pour moi. Mais contrairement à vous je ne me déverse pas sur un autre.

1
Vous ne pouvez pas vous en empêcher : autoritaire et négative.

6
Où vous croyez-vous ? Pour vous, la situation n’a pas d’importance ? J’ai ma propre histoire. Épargnez-moi.

1
C’est ça : autoritaire, négative, qui ne me tendait pas le bras même si je le lui demandais poliment, mais alors toute prête à coller sa joue contre la surface d’un mur, l’œil humide pour un autre, un parfait inconnu.

6
Vous faites une fixation sur je-ne-sais-qui qui ne peut être moi. Si nous nous étions déjà rencontrés je m’en souviendrais. Quelqu’un comme vous…

1
Oh ! Mais j’y pense : vous et moi maintenant, nous sommes comme qui dirait dans la meilleure configuration possible.

6
Vous n’êtes pas mon genre.

1
Vous êtes le mien.

6
Je ne me laisserai pas avoir.

1
Cela m’est égal.

6
Je ne vous demanderai pas pourquoi.

1
Je répondrai tout de même.

6
Vos paroles
ne pollueront pas.

1
Il y a ce mur entre nous. Vous, vous préférez cela : les murs entre vous et les autres, en particulier entre vous et moi.

6
« Entre vous et moi » ? Je n’aurais pas dit non à des milliers kilomètres.

1
C’est ce que je viens de dire : vous n’êtes pas attentive, écoutez un peu. Vous aimiez cette fichue distance, celle qui s’accroissait à mesure que le temps passait et non celle qui décroissait à mesure que le bras s’étendait.

6
Encore votre histoire de bras ! Si vous saviez à quel point je m’en fiche. Si vous voulez tout savoir j’ai perdu le peu que j’avais. Alors votre bras… Allez consulter.

1
Eh bien oui ! Quoi ? C’est interdit que de vouloir regarder dans les yeux celle qui parle de l’autre côté de la cloison ? À chacune de vos phrases, c’est interdit de vouloir vous prendre dans mes bras ? C’est mal de vouloir ? C’est mal ? Mais répondez-moi !

6
Ici peut-être…

1
« Ici peut-être… » ?

6
Ici peut-être que les lois sont différentes.

1
Je ne sais pas si elles sont différentes, mais elles sont idiotes, au dernier degré de l’idiotie. Ça ne peut pas exister une chose pareille ! Si elle existait, ce serait d’une telle absurdité !

6
Je vous comprends, j’ai eu du mal à m’y faire. Le mieux est de l’accepter, de ne pas lutter. Cela passe tout seul. On se guérit de tout, croyez-moi.

1
Je voudrais y croire, cette fichue distance : celle qui décroît à mesure que le bras s’étend.

6
Vous semblez y tenir. Ça ne me coûte rien après tout. Si vous y tenez tant, je peux tendre un bras.

1
Vous feriez ça ?

6
Oui.

1
Pour moi ?

6
Bien entendu.

1
Vous avez bien changé…

6
Il faut croire.

1
Je ne vous reconnais plus.

[Un jour aussi ténébreux que la nuit : 1]


Pascale Jeandon expose en Belgique lors des événements suivant :

  • Art Event, à Anvers, du 27 au 29 novembre
  • Lineart, à Gand, du 4 au 8 décembre

Les nouveaux chemins de la connaissance par Raphaël Enthoven, écoute en ligne des émissions ayant pour thème « Les usages du temps » :


Cher monsieur Gette,

Honnêtement, j’ai pensé emporter cette araignée avec moi, malheureusement je n’avais pas de récipient suffisamment grand. Je me demande si je ne vais pas retourner la chercher.

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¡ Voir les catégories associées : Rencontre et Notes (sur le blog de P-A. Gette) !

[Déjanire-Médée : 14]


Une invitation pour le lancement de la résidence du collectif Veg@, le 21 novembre à 16h au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis.
Elisabeth Jacquet, Vannina Maestri, Véronique Pittolo, Virginie Poitrasson, Gwenaëlle Stubbe sont en résidence à l’Espace Synesthésie à Saint-Denis, de novembre 2009 à juillet 2010, dans le cadre du programme “écrivains en Seine-Saint-Denis”, initié par le Conseil général avec les villes du département.


• Exposition d’Estefanía Peñafiel-Loaiza, PARALLAXES, du 14 novembre au 23 décembre à la Galerie Alain Gutharc à Paris.

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