écrire : 4

08nov08

Lors de ses deux semaines de vacances (bien méritées) l’écrivaine avait prévu d’écrire de finir son livre. C’était sans compter son drôle d’associé, son corps, qui pour un oui ou pour un non décide de lâcher prise.

Alors bien sûr jeudi, j’avais même invité une amie à aller au vernissage de Paul-Armand Gette puis à discuter d’un projet en commun.  Bien sûr, je n’ai pas pu m’y rendre.
Vendredi j’avais même invité une amie à venir assister à la rencontre remue.net/publie.net. Bien sûr, je n’ai pas pu m’y rendre. Pas plus que je n’ai pu dîner avec ma sœur.
J’espère que François Bon nous concoctera un des articles dont il a le secret et qui me donnera l’impression d’y avoir assisté.

Je disais, donc c’était sans compter que le corps par souci de contradiction, ou pis par conviction, aime à tomber malade uniquement pendant les pauvres vacances de l’écrivaine. Ce qui est franchement injuste car grâce aux conseils avisés de l’éditeur, j’avais enfin compris par quel bout prendre le texte. J’avais même commencer à y prendre goût à cette fouille dans les phrases, dans les thèmes.

C’est peut-être le meilleur moment de l’écriture : lorsqu’une chose en appelant une autre, le miracle se produit : le texte avance, ou du moins en donne un vif sentiment. De bribes, le texte se fait, les instants se mettent en place. Je peux même me payer le luxe de rejeter tel ou tel passage car il est « hors sujet ». Une évidence, une logique interne remplace le bruit, la confusion.

Je disais donc, l’écrivaine à un corps faible, faillible, même bête (pour rester polie). Un corps d’humain qui refuse parfois de la suivre dans les méandres, dans ses ténèbres. Le corps a un besoin vital de lumière et d’espace.
Ce qui me lasse ce n’est pas d’écrire, mais le corps.

À quand un exosquelette, un organisme spécifique ?

P-S : Que l’éditeur se rassure, il faudra bien plus que quelques vertiges giratoires, une oreille interne qui fait des siennes pour empêcher l’écrivaine d’écrire et de finir son livre (même si la nuit d’avant-hier elle s’est sentie mourir, manquer d’air par la seule force de son esprit).

ajout du 09/11
P-P-S : merci à François Bon comme à tous ceux et celles qui par leur blog m’ont permis d’y assister même virtuellement. Voir aussi l’article de remue.net.

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2 Responses to “écrire : 4”  

  1. Moi aussi j’en veux un, moi aussi. Et puis aussi une consicoeur où l’on pourrait déposer comme au vestiaire d’un théâtre, ses chagrins d’amour ou de grande amitié le temps de travailler dans la sérénité efficace. Ne les récupérer qu’après quand les délais auront été dûment honorés.

  2. 2 béatrice rilos

    Il n’y a plus qu’à attendre sagement les progrès de la médecine.


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