Cher monsieur Gette,

Merci pour votre réponse, elle m’a surprise : je n’avais jusque là jamais fait le rapprochement entre les culottes et les exuvies. Vous êtes vraiment quelqu’un d’étonnant.
J’aime beaucoup toutes ces « fabrications » des insectes et araignées tels que les cocons, les toiles : c’est là que se situe cette fameuse perfection dont vous parliez.
D’ailleurs je ne cesse d’admirer l’ingéniosité de nos voisins à six, huit pattes ou plus.
La nature est extraordinaire : ma petite plante que j’avais laissée sur mon balcon et qui était presque morte de froid, en à peine une semaine dans ma chambre a repris des couleurs, et plus tard a grandit de trente centimètres pour s’adapter à ce nouvel environnement. Les deux photographies suivantes : avant, après sa croissance.

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Tous ces êtres vivants qui se battent au jour le jour pour leur survie et avec quel talent ! Lorsque je les contemple, que je les compare à ma petite production je me dis que je ne fais pas le poids.
Il m’arrive d’être très déprimée (un euphémisme).
Malgré tout, je continue à coudre sur mon drap. Passer des mois à cela est aussi un art martial.

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J’ai hâte une fois achevé de vous le montrer, mais ça n’avance pas vite : je dois, entre autre, aller travailler.
On me dit que je devrais envoyer des dossiers pour obtenir une résidence, mais je n’arrive pas encore à m’y résoudre : cela me paraît complètement irréaliste de « n’être qu’artiste ». J’ai cette petite voix, celle de mon éducation, qui me chuchote à chaque fois que j’y pense : « Ce n’est pas sérieux, même pas envisageable. »
Pourtant il le faudra bien si je ne veux pas prendre un an (au minimum) à chaque fois pour finir un projet, et du coup avoir l’impression d’être une flemmarde lorsque mes interlocuteurs me font la liste de leurs accomplissements et qu’ils s’exclament : « Comment ! Tu n’as pas encore fini ? »
À moins que ce ne soit moi qui horrifiée et paniquée ne le pense tout haut.

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Je dessine toujours sur ma peau. Le support n’est pas commode. J’utilise des stylos-bille… peut-être que l’outil n’est pas adéquat.
Les dessins que j’obtiens ne me conviennent pas encore, je garde espoir d’y parvenir.
Je ne sais pas ce que je cherche, pourtant il me semble que le but est le même que celui joué par les objets en tissu : non pas recouvrir la surface, mais y créer un réseau de signes, quelque chose pour me consolider : un exosquelette.

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2 Responses to “Déjanire-Médée : 11”  

  1. Bonjour Béatrice
    Merci pour ces belles photos de peau et de main. Je me suis permise de te citer dans mon blog (article du 25-02 au soir)
    A bientôt
    Cécile

    • 2 béatrice rilos

      Bonjour,
      c’est vrai toutes tes photos de mains. Du coup je fais “Petite racine” de mon côté. J’espère très bientôt pouvoir dessiner sur de plus grandes surfaces : un dos ou une jambe par exemple.


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