[À partir de 日本の曲 | mélodies japonaises]
Dernièrement j’ai eu « une bonne idée » : traduire des chansons, ce qui serait sans nul doute un exercice ludique et profitable. Et puis comprendre réellement les paroles d’une chanson que l’on aime bien, voir que l’on aime tout court m’a semblé indispensable.
Mais alors pourquoi le texte traduit a-t-il l’air d’être d’une toute autre nature que la chanson d’origine ?
Bien sûr, il y a la consultation répétée des dictionnaires car avec une langue étrangère il ne faut rien négliger. Et même avec eux, je suis toujours en peine de savoir si ce verbe-japonais-ci est bien « comme » ce verbe-français-là. Le fait que je doive souvent passer par l’intermédiaire d’une langue tierce, l’anglais, complique encore l’entreprise.
Par le biais de la traduction, on peut avoir de bonnes comme de mauvaises surprises dues aux contresens et aux divagations personnelles. Il m’est facile de rêver le sens rien qu’en regardant les phrases, rien qu’en les écoutant. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai eu le désir d’apprendre le japonais : en feuilletant une revue scientifique qui m’était incompréhensible.
Je dois faire mon deuil, accepter ce qui me fait face pour obtenir un texte au plus proche de la « signification véritable ». C’est très difficile d’autant plus qu’une chanson ça peut entrer dans la tête d’une manière et ne peut vouloir bouger d’un iota.
Évidemment il y a les déperditions, les pertes de la traduction : de sens, d’un lien affectif, sensuel. Une chanson est toujours liée à une voix, à une musique instrumentale, à une musique propre à la langue.
Comment faire entendre cette musique lorsqu’il faut moins de syllabes en français qu’en japonais pour dire la même chose ? On allonge la phrase quitte à y ajouter de l’information inutile ?
Je me retrouve dans un autre cas de figure lorsque la phrase japonaise est accès sur un « sens flottant » et qu’en français je vais devoir la figer avec des mots beaucoup plus précis.
[フランス語訳 | traduction française : 1]