digressions : 12

J’ai presque envie de m’excuser d’être francophone.

Pardonnez-moi.

Voilà, c’est fait.

Eh bien oui, c’est la faute à l’Histoire.

Lorsqu’il me dit que je ne suis pas ce que tout le monde me dit que je suis simplement parce que je ne suis pas née au bon endroit.

Ça, c’est un mauvais tour de mes parents.

Quand j’y pense, à quoi bon être tous deux antillais si je ne peux pas l’être aussi à cause d’un lieu de naissance ?

C’était bien la peine.

L’un deux aurait dû être anglophone au moins cela m’aurait servi à quelque chose.

Voilà ce qu’on obtient par un rapprochement communautaire. Il faudrait l’éviter à tout prix puisque c’est inutile au possible.

La culture française ne s’exporte pas ; c’est à cause des Français qui parlent le français.

Je m’attends demain à être assignée en justice.

Alors oui, je m’excuse.

On devrait interdire cela : mépriser la langue d’autrui, sa culture.

C’est vraiment du n’importe quoi.

Les Français ont bien raison de ne parler que leur langue dans leur pays.

Les anglophones ne se rendent pas compte du faible taux de pénétration de leur langue sur nos terres ; lorsqu’ils arrivent en France ils se trouvent bien dépourvus, sans l’ombre du début d’un reflet de compréhension à l’horizon. En pleine bise.

C’est bien fait.

[digressions : 11] [digressions : 13]

Publicités

2 réflexions sur “digressions : 12

  1. on hésite souvent ici à commenter ces petits bouts qui n’en ont pas besoin, pour une fois j’y vais: et moi qui suis né français en france de parents français, continentaux, juste quelques ancètres en corse (au nord de la corse), incapable d’apprendre une langue autre, maitrise déjà mal « la mienne », me suis toujours senti banal et fade, terriblement étriqué face à ceux que je croisais aux Bx-arts, l’épaisseur de leur vie, l’ouverture de leur esprit que j’entrevois par le déchirement de leur identité. il m’a toujours semblé que ceux qui pouvait sentir la relativité de leur identité avaient daventage accès au monde.

  2. Question complexe. Mais. Naître en France c’est devenir française du point de vue de la conception française. Il y a d’autres façons de voir les choses. Façons qui ne s’excluent pas nécessairement les unes les autres, d’ailleurs.

    Je relis le billet. Pour ne pas dire de bêtises. C’est tellement épineux. Et en relisant, je me dis : si je comprends bien, le problème n’est pas tant d’être française, que non-antillaise ? Autrement dit, que la conception antillaise de l’appartenance aux Antilles soit rattachée au lieu de naissance. Bon, tout ça pour ça, oui…!

    PS : Éventuellement, la falsification de l’acte de naissance reste une solution possible. Ou alors – puisque procès il y aura – une action en justice pour prouver que la naissance aurait dû avoir lieu aux Antilles ? On a vu affaire moins bien engagée être accueillie favorablement.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s