écrire : 10

J’avais cru, du fait de mon mois de vacances bien mérité en juin, pouvoir retravailler De long échos qui de loin se confondent. J’ai été vite détrompée.
Je n’arrive pas à ouvrir les fichiers en question : tout est écrit, il n’y a plus qu’à assembler, couper, ajouter, corriger, vérifier… Ce que je préfère d’habitude.
Si j’ouvre ces fichiers c’est :
1) pour m’assurer qu’ils n’ont pas été supprimés par un acte malveillant dépendant uniquement de la volonté de mon inconscient.
2) pour les refermer une ou deux heures après, sans avoir vraiment obtenu un résultat probant.

Quelque chose comme de la lassitude ou de la paresse.
J’ai été bien inspirée de dire à Christian Boltanski que je lui enverrai le manuscrit début septembre.

Comme je n’arrive pas à m’y mettre je pense. Grossière erreur !
Je me demande pourquoi j’écris, pour qui j’écris, qui de la poule ou de l’œuf a engendré l’autre (il paraîtrait que cela vient d’être résolu), si l’univers disparaîtra de sa belle expansion ou de sa sublime compression, si les ennemis de mes ennemis sont réellement mes amis, si je n’aurais pas mieux à faire de ma vie que d’écrire, si cela en vaut vraiment la peine, si ce que j’écris a de la valeur…
Entre temps j’ai obtenu une réponse à la dernière question : à ma demande j’ai reçu par e-mail mon relevé des ventes 2009 pour Is this love et à ma demande par la poste le chèque correspondant : ce n’est pas glorieux. Prenons un exemple concret, le titre de transport, je n’ai même pas gagné assez pour me rembourser un mois d’abonnement au forfait annuel.
Je vais régulièrement à ma banque mais je n’arrive pas à encaisser ce chèque, je ne peux pas l’expliquer.
Je tiens par ailleurs à remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont lu ce livre. Car il faut l’avouer, dans un monde parallèle où la chose serait possible j’aimerais vivre de mon écriture, mais dans ce monde-ci je me contente d’être lue, même gratuitement, et d’aller travailler.

Une parenthèse : pourquoi les « à ma demande » vous demandez-vous ? Pour continuer mes réflexions d’Enquête sur le premier roman et donc souligner l’étrangeté de celui ou celle que l’écrivain(e) nomme L’ÉDITEUR.
Cet être éthéré et mythique, évoluant dans l’une des 77 concentriques sphères supérieures de la Terre dont la rotation est inverse à celle de cette dernière, qui a du miel dans la voix lorsqu’il veut éditer votre manuscrit, qui a la menace ou la larme facile lorsqu’il s’agit de vous arracher la dernière version du PDF obtenant du même coup le sacro-saint BAT, mais lorsqu’il est question de vous payer il sait se faire tout petit et oublier, d’où l’e-mail pour vous rappeler à son « bon » souvenir.
Dans quel genre de système oblige-t-on quelqu’un à réclamer l’argent qui lui est dû ?

Concernant mon titre de transport (encore lui) on pourra m’avancer l’argument que depuis avril je l’ai résilié puisque je ne suis maintenant qu’à 20 mn à pied de mon lieu de travail.
Oui, c’est vrai.
Eh bien parlons-en justement.
Et oui, cela a un rapport avec le sujet de départ.

Deux personnes d’une bienveillance remarquable à mon égard m’ont fait remarquer chacune à leur tour à un mois d’intervalle, alors que je geignais maudissait le grand TOUT me plaignais de ne pouvoir écrire  tout court et/ou avec le même enthousiasme ni avec la même force de travail qu’avant, que j’avais déménagé.
La première fois, j’ai rétorqué que ce n’était qu’un détail. La deuxième fois, j’ai commencé à y réfléchir sérieusement. Grand bien me fît !

Après tout, pourquoi le lieu principal d’écriture n’aurait-il pas un impact ?
Si je l’ai nié au début c’est que je peux écrire n’importe où, dans à peu près n’importe quelle condition. Mais là c’est différent : il s’agit d’un bouleversement personnel et durable, non plus d’une contrainte temporaire, même répétée.

J’essaie de ne plus culpabiliser, de me rassurer : tout n’est pas de ma faute, et si je n’ai ni la force ni le courage de me lever tôt pour écrire, c’est peut-être simplement que je suis réellement fatiguée.

J’ai tout de même remarqué une étrange coïncidence : j’ai écrit jusqu’ici sous le coup d’une vive émotion, dans un but précis ou dans le cadre d’une demande.
1) Enfin. On fera silence je voulais prouver à François Bon que j’étais capable d’écrire autre chose que ce texte insipide dont j’étais si fière à l’époque et que je lui avais envoyé (il ne doit même plus s’en souvenir) mais dont il m’avait parlé avec gêne sûrement pour ménager mon égo.
2) Ou les élections à l’origine devait servir à la performance faite lors de mon diplôme de fin d’étude.
3) Is this love est une réponse à mon père comme à une proposition d’Yves Jolivet.
4) 100 caractères (espaces compris) est une réponse à une proposition de François Bon.
En ce qui concerne De long échos qui de loin se confondent : personne ne m’a rien demandé, ça fait des années que je me dis qu’il faut écrire ce livre mais je ne sais pas pourquoi, et si j’ai quelque chose à prouver à Christian Boltanski ce n’est pas en littérature.

En attendant que je retrouve la foi et pour ne pas totalement déprimer je continue 100 caractères (espaces compris) via Twitter doucement mais sûrement.
Je remercie encore celles et ceux (étant probablement à peu de chose près les mêmes) qui suivent ce qui me reste d’écriture, là où elle résiste encore.

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4 réflexions sur “écrire : 10

  1. … et te remercier — mais je parle pour moi — de continuer à résister ; en attendant De long échos qui de loin se confondent, sûr que les échos trouveront de quoi se faire, et s’établir (ici ou ailleurs).

    Je te lis.

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