Phases : Nuit 1.2.

« Ils sont encore là, je les entends. »
Je n’entends rien moi : ça bourdonne, juste mon cœur qui bat vite.
Je le suis de près, je suis dans son sillon.
Il a dit : « Retournez-vous et suivez-moi. » C’est tout ce que j’ai entendu, j’ai obtempéré, c’est tout.
Il avance devant. Je ne devrais pas lui faire confiance, je le fais.
Hors de l’eau ses omoplates ses épaules sa tête tout se balance de droite à gauche. Je sens aussi cette force qu’il faut pour se mouvoir dans la masse liquide.
Il ne se retourne pas : « Par-là c’est plus sûr, ils vont de l’autre côté. »
J’ai marché sur quelque chose.
Il ne se retourne pas : « Pourquoi vous arrêtez-vous ? »
Je boite.
Il ne se retourne pas : « Je regarderai votre pied. »
S’il y a une entaille j’espère qu’elle n’est pas profonde, si je ne peux plus marcher… Je ne suis pas assez loin.
Il ne se retourne pas : « Par-là ce sera plus facile pour vous de sortir. »
Nous restons devant la pente ascendante.
« Comment procéder ? Vos vêtements, où sont-ils ? — Derrière, juste à côté. — Le mieux c’est que vous sortiez en premier, je vous promets de ne pas me retourner. Vous me croyez ? — Oui. — Faites vite, ils ne sont pas tout près mais ils peuvent revenir. »
J’avance, il se tourne en sens inverse.
J’ai un peu de mal à tirer mon corps hors de l’eau, je suis lourde. Je glisse, je me rattrape, des feuillages tapent à coups saccadés contre mes cuisses. L’arbre, l’arbre, l’arbre, le voilà. La grosse pierre est retirée. Mon pied ? Ça ne saigne presque pas. J’enfile l’essentiel. Je me cache comme je peux, je dirige ma voix vers lui, je parle doucement.
« Ça y est ! Où sont vos vêtements ? Je les rapproche. — C’est bon. — Mais et vous ? — Ne vous en faites pas, allez-y. Profitez-en. La capitale c’est le mieux. Il y a plus de monde. Pour vous trouver ils vont devoir chercher une aiguille. — Et vous ? — Je ne les intéresse pas. »
Il ne s’est pas retourné.

J’ai essayé de me calmer avant de passer le barrage filtrant.

On ne fait pas de difficulté, je suis parmi un groupe d’hommes portant de lourds récipients.
« Tu es nouveau ici ? Pour du travail viens me voir. C’est simple ! Tu demandes “le marchant de liqueur”. Pas “d’alcools”, hein ? Il y en a plusieurs mais je suis le plus réputé. Une institution ! Tu le feras ? Je manque de main d’œuvre pour l’équipe de nuit : certains ont démissionné, une mauvaise rencontre selon eux. Des voleurs ? Non, ils ont répondu en cœur. Ils ont tout de même démissionné. Si ça n’avait rien à voir avec la marchandise je ne vois pas où était l’urgence ! Ils me laissent tomber à cette époque de l’année, les truands ! Il faut vraiment manquer de considération. Il n’y a rien à comprendre avec des gars pareils. Ils semblaient honnêtes pourtant. Alors, c’est que leur salaire n’était pas nécessaire ? Quand on n’a pas besoin de gagner sa vie on se permet n’importe quoi ! Tu ne crois pas ? “Le marchant de liqueurs”. Pas “d’alcools” ! Tu le feras, n’est-ce pas ? — Non. — Vous êtes tous les mêmes ! »
« Non » : court et précis mais ça passe mal.

Autant de personnes d’un coup je panique. Je respire bruyamment. Ils s’en rendent compte ? Je baisse les yeux, je déambule. Il y a du monde même à cette heure ! Demain matin ça sera pire.
Je veux me poser quelque part, mon pied ça va mais m’allonger serait mieux.

« Cette impasse, c’est mon pré carré. Elle ne m’appartient pas mais c’est tout comme. J’ai un truc à te proposer, tu vas voir c’est honnête : tu surveilles, je dors trois heures, tu dors trois heures, je surveilles et comme ça jusqu’à l’aube. À tour de rôle, quoi ! Ça te va ? Aucune embrouille possible : j’ai un réveil. — Oui. — Je t’avais repéré, immédiatement j’ai su que tu avais le sens pratique. “Quelqu’un de bien !”  : j’ai pensé. »
Un signal sonore me vrille les oreilles. Je ne sais pas où je suis. Je vois le visage d’un homme qui sourit. Il ouvre la bouche, je finis pas le reconnaître. Je me couche mes paupières se ferment.
Un signal sonore me vrille les oreilles, on me secoue. Je ne sais pas où je suis. Je m’assoie. Je vois le visage d’un homme qui me sourit. Quand il ouvre la bouche je le reconnais. Mes paupières se ferment.
Un signal sonore me vrille les oreilles. Je ne sais pas pourquoi je ne sais pas où je suis. Je vois le visage de l’homme qui me sourit. Quand il ouvre la bouche mes paupières se ferment, je me couche.
Il me secoue, le signal du réveil, il y a déjà trop de lumière.
« Tu reviendras ? Avec quelqu’un comme toi, c’est quand tu veux. Si tu te perds tu demandes à n’importe qui mon impasse. Il n’y en a qu’une et c’est la mienne ! Un haut lieu du tourisme ! Un passage obligé ! Je blague. Tu reviendras ? — Peut-être. — Pourquoi ? Ce n’était pas bien ? Si tu penses trouver mieux dans toute cette fichue ville tu te fourres le doigt jusqu’au nerf optique mon vieux ! Mieux, ça n’existe pas ! »
« Oui » c’est vraiment le mieux.

[Phases : Nuit 1.1.] [Phases : Journée 1.1.]

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Phases : Nuit 1.1.

Je n’ai plus vu mon visage depuis, je ne sais plus.

« Ici ? C’est tranquille pour y passer la nuit. Il n’y a pas grand monde, c’est un euphémisme car il n’y a pas un chat. Ils sont tous superstitieux comme c’est pas possible dans le coin. Ils sont toujours dehors de jour comme de nuit, mais la nuit ils ne viennent pas ici. Moi ? Je ne suis pas d’ici. Vous non plus, hein ? Non vraiment si vous voulez dormir tranquille avant la ville, il n’y a rien de mieux. Je suis commerçant. Pas vous ? Eh bien lorsque je fais l’aller-retour entre ici et là-bas, entre la capitale et ma ville bien sûr, je me trouve un coin discret et je dors comme un loir puis j’arrive tout frais comme un gardon avant l’ouverture, vous voyez ? — Merci. — Je vous en prie. »
« Merci », toujours aussi efficace.

Je m’éloigne, il y a une rivière, je me penche il y a du courant je ne peux pas me voir.
Je m’éloigne, on a contenu les eaux de la rivière il y a un bassin.
Ç’a l’air profond, je me penche il y a deux yeux qui me fixent je recule, je m’avance prudemment, deux yeux, un nez, une bouche, le contour du menton, mes cheveux, le premier croissant se reflète.
Je souris je regarde mes dents j’arrange mes cheveux je plonge mes mains frotte énergiquement mes joues, mon front.

Si je plonge mon corps entier là-dedans cela fera du bien.
Je me déshabille, cache mes vêtements, tête la première je m’enfonce, mes poils se dressent.
Cela fait du bien. C’est agréable.
J’agite mes bras, mes jambes. Je n’avais plus nagé depuis, je ne sais plus, je nage.
Les muscles me font mal je reste immobile.
L’eau me porte je n’ai plus de poids.
C’est agréable.
« J’ai bien […] »
Je me recroqueville.
« [… cru qu’on] s’en débarrasserait jamais de l’autre. — C’est toi […] »
Je cherche à me mettre à couvert.
« [… qui lui as adressé la parole. — Il n’y avait] personne d’autre. — Pour ce qu’on a appris. — Oui mais il en croise des voyageurs. — Il en a surtout des trucs inutiles à raconter. — C’est à force de voyager seul : il a fini […] »
Je repère un monticule.
« [… par se parler] à lui-même et dès qu’il tombe sur […] »
Lentement je me dirige dans sa direction.
« [… quelqu’un il se déverse. — Je trouve ça] complètement […] »
Je presse mon buste contre la paroi.
« [… pathétique. — Évidemment tu] peux puisque que […] »
Ils sont un peu plus loin en face.
« [… tu es avec moi : c’est une] forme de snobisme envers ceux qui n’ont pas de compagnon de route. — Et ça se soigne ? — Quand tu seras seul. Il a dit que l’autre était parti par où déjà ? — Par là. »
Je fais un pas en arrière.
« C’est sûr ? »
Je cesse de respirer.
« [Je ne fais que] répéter ses phrases. — Je veux […] »
Contre mon dos une surface tiède.
« [… dire tu es sûr qu’il a dit par là ? — Je ne] vois pas où ça pourrait être d’autre. — C’est tout de même grand une forêt. — Oui mais je doute qu’il nous ait indiqué une mauvaise direction : quelqu’un comme lui ? Impossible ! — Sur quoi […] »
La surface tiède est un peu plus serrée contre moi, ma mâchoire se bloque.
« [… tu te bases ? — Il était trop content) de nous voir et de nous sortir son baratin de grand voyageur. — C’est ce qui m’inquiète : il aurait pu le sortir à n’importe qui, même à un arbre. — Un arbre ? Ça m’étonnerait quand même, ça ne sait pas différencier sa gauche de sa droite. — Même si la mousse indique le nord ? — Même si. — Ça tient la […] »
Susurré à mon oreille gauche : « Je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. C’est toujours mieux d’être accompagné. »
« [… route ton histoire mais je n’ai pas confiance, il vaut quand même mieux rebrousser chemin et] arrêter les recherches dans cette zone : elle n’aurait pas pu arriver […] »
« Ils vous poursuivent ? Je peux vous aider si vous me le demandez. »
[… juste qu’ici à pied. Il faudrait qu’elle soit folle. — C’est vrai. Et puis] il a affirmé que l’autre voyageur était un homme. Donc ça ne peut pas être elle ! La preuve c’est que quand je lui ai mis le portrait sous les yeux il n’a pas réagi. — Si tu étais en fuite tu ne tenterais pas aussi ce genre de ruse ? Mets […] »
Je suis figée sur place.
Susurré à mon oreille droite : « Mademoiselle, acceptez-vous mon aide ? »
« [… une robe et tu verras. — Ça se tient. Mais
] les robes ne me vont pas. J’en ai bien peur. »
De la tête j’acquiesce.
« On fait encore un tour. — Et puis ? — Puis on retourne à la ville précédente. »

[Phases : Voyage] [Phases : Nuit 1.2.]

Phases : Voyage

L’écart entre deux jambes l’écart entre chaque pas s’accroît
La distance parcourue entre un lever un coucher de soleil entre un lever un coucher de soleil entre un lever un coucher de soleil
Lorsque j’ai soif je bois si j’ai faim je mange jamais à ma soif jamais à ma faim
Je m’allonge quand je ne vois plus devant moi je ne me repose pas je tombe à terre
Je me lève marche dès l’aube
Un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil
Ce qui est devant mes yeux deviendra ma route une fois que mes pieds auront touché le sol
Ce qui est derrière n’existe pas
Un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil
Une bourrasque gifle de face, l’ombre des nuages, les échos lointains
Un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil
La sueur rafraîchit le corps le glace
Un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil
Assèche la gorge assèche la peau
Un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil
Le froid engourdit la pluie efface
Un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil un lever un coucher de soleil
Le vent me transperce enfin

J’ai tout perdu en chemin. Je suis…

Je modifie ma démarche, mes appuis ne sont pas corrects, le bassin, ça ne colle pas, plus rigide, les épaules plus basses, le mouvement plus brusque, les bras c’est pareil.
Je tends la main, pas comme ça, moins molle, plus ferme dans le poignet, bloqués les doigts.
Ils vont y croire ? Ils vont y croire.
À haute voix je répète : « Comment allez-vous ? Je vais bien. Bonjour ! Bonsoir ! Je ne connais pas la région. J’aurais besoin de votre aide pour me repérer. Les cartes ne sont jamais assez précises. Vous habitez la région ? »
Ma voix, ça ne va pas encore, plus neutre moins claire : « Comment allez-vous ? Je vais bien. Bonjour ! Bonsoir ! Je ne connais pas la région. J’aurais besoin de votre aide pour me repérer. Les cartes ne sont jamais assez précises. Vous habitez la région ? »
Trop engageant, trop amical, plus sec le ton, sans être impoli, des renseignements pas fraterniser.

Les autres je les évitais méthodiquement.
J’ai dû en croiser quelques uns tout de même, je ne sais plus, ils ont dû me dire quelque chose, je ne sais plus.
Je suis assez loin maintenant, peut-être.
Ils sont de plus en plus nombreux je ne peux plus les ignorer.
« Après ? Là-bas ! Vous ne connaissez pas ? C’est connu pourtant… C’est la capitale ! — Merci. — De rien. »
« Merci », parfait le retrait : court et précis sans plus.
Après là-bas ils me frôleront se frotteront à moi, je me dissoudrai dans cette foule.

[Phases : Nuit 1.1.]

Un jour aussi ténébreux que la nuit : 2

[voir le projet]

Les indications données par la voix lors de la lecture des textes entre guillemets sont toujours accompagnées d’une démonstration faite par ceux ou celles qu’elle nomme.

Dans toutes les scènes où ils sont présents :
1 garde un sourire crispé.
3 frappe régulièrement son poing gauche contre sa poitrine.
4 frotte régulièrement son œil droit.
6 garde sa tête dirigée vers le plafond.
7 se déplace comme s’il était sanglé et devait traîner derrière lui deux lourdes poutres.

Lorsqu’il y a plusieurs occurrences d’un même chiffre :
soit chaque occurrence est jouée par le/la même comédien(ne).
soit chaque occurrence est jouée par des comédien(ne)s différent(e)s.

Les didascalies sont en italique.

***

La voix _ p. 4

8, 3, 5 _ p. 6

1, 5, 6¹, 3, 6² _ p. 7

5 _ p.13

2, 6, 7, 3 _ p.15

9, 2, 4 _ p. 21

6, 1 _ p. 26

4, 7_ p. 31

8, 2, 3², 7, 3¹_ p. 32

7¹, 4, 7² _ p. 37

9, 8¹, 8² _ p. 44

9, 4 _ p. 50

4, 9 _ p. 51

2 _ p. 57

5, 1¹, 1³, 2, 1² _ p. 59

9¹, 1, 4¹, 2¹, 5, 4², 2², 9²_ p. 66

Tous _ p. 72

***

8, 3, 5

La voix
Lorsque je lis le texte, je le lis pour la première fois.
Les ordres que je donne sont suivis d’effets pour ceux que je nomme :
« Entre 8 et 3 tous les contacts physiques sont possibles, ils peuvent se voir, se parler et s’entendre.
5 est complètement isolé des autres : aucun contact physique n’est possible avec eux, il ne peut ni les voir ni leur parler ni les entendre. »

8 et 3 se battent et ne font que pousser des hurlements et grogner.
Sans interruption 5 répète le mot “chien”.

***

6, 1

La voix
Lorsque je lis le texte, je le lis pour la première fois.
Les ordres que je donne sont suivis d’effets pour ceux que je nomme :
« Entre 6 et 1 aucun contact physique n’est possible, ils ne peuvent pas se voir, mais ils peuvent se parler et s’entendre. »

1
Ce mur entre nous, il doit vous faire plaisir : vous en rêviez tout éveillée.

6
Je ne vois pas de quoi vous parlez.

1
« Je ne vois pas de quoi vous parlez. » C’est ça ! Faite votre innocente.

6
Où voulez-vous en venir avec vos insinuations ?

1
« Où voulez-vous en venir ? » Ah là là là là. Ça vous va bien ce genre de chose, tout à fait votre genre. Cela vous va comme un gant, une seconde peau.

6
Vous êtes pénible à la longue. Exprimez-vous clairement.

1
« Exprimez-vous clairement. » Vous vous croyez en position de me donner des ordres en plus ! Pour qui vous prenez-vous ?

6
C’est vous qui…

1
J’en ai connu une toute comme vous, toujours a renvoyer la faute sur les autres : le genre « non, non ». Ça n’accepte rien, ça, pas même de tendre le bras. Mais par contre, ça reste l’oreille collée contre le mur pour Dieu sait qui.

6
Vous devenez insultant avec vos « ça ».

1
Mais je ne deviens pas insultant : je l’étais depuis le début, je cachais mon jeu, voilà tout. Une seconde nature chez-moi, comme vous avec votre seconde peau.

6
Ne me mêlez pas à votre histoire, j’ai bien assez à faire avec la mienne.

1
« Ne me mêlez pas. » Ça y est, c’est reparti pour un tour.

6
Vous ne semblez pas avoir pris la mesure de la situation.

1
Vous ne pouvez pas vous en empêcher…

6
Si vous preniez ne serait-ce qu’un instant pour y réfléchir, vous comprendriez que ce n’est pas plus facile pour moi. Mais contrairement à vous je ne me déverse pas sur un autre.

1
Vous ne pouvez pas vous en empêcher : autoritaire et négative.

6
Où vous croyez-vous ? Pour vous, la situation n’a pas d’importance ? J’ai ma propre histoire. Épargnez-moi.

1
C’est ça : autoritaire, négative, qui ne me tendait pas le bras même si je le lui demandais poliment, mais alors toute prête à coller sa joue contre la surface d’un mur, l’œil humide pour un autre, un parfait inconnu.

6
Vous faites une fixation sur je-ne-sais-qui qui ne peut être moi. Si nous nous étions déjà rencontrés je m’en souviendrais. Quelqu’un comme vous…

1
Oh ! Mais j’y pense : vous et moi maintenant, nous sommes comme qui dirait dans la meilleure configuration possible.

6
Vous n’êtes pas mon genre.

1
Vous êtes le mien.

6
Je ne me laisserai pas avoir.

1
Cela m’est égal.

6
Je ne vous demanderai pas pourquoi.

1
Je répondrai tout de même.

6
Vos paroles
ne me pollueront pas.

1
Il y a ce mur entre nous. Vous, vous préférez cela : les murs entre vous et les autres, en particulier entre vous et moi.

6
« Entre vous et moi » ? Je n’aurais pas dit non à des milliers kilomètres.

1
C’est ce que je viens de dire : vous n’êtes pas attentive, écoutez un peu. Vous aimiez cette fichue distance, celle qui s’accroissait à mesure que le temps passait et non celle qui décroissait à mesure que le bras s’étendait.

6
Encore votre histoire de bras ! Si vous saviez à quel point je m’en fiche. Si vous voulez tout savoir j’ai perdu le peu que j’avais. Alors votre bras… Allez consulter.

1
Eh bien oui ! Quoi ? C’est interdit que de vouloir regarder dans les yeux celle qui parle de l’autre côté de la cloison ? À chacune de vos phrases, c’est interdit de vouloir vous prendre dans mes bras ? C’est mal de vouloir ? C’est mal ? Mais répondez-moi !

6
Ici peut-être…

1
« Ici peut-être… » ?

6
Ici peut-être que les lois sont différentes.

1
Je ne sais pas si elles sont différentes, mais elles sont idiotes, au dernier degré de l’idiotie. Ça ne peut pas exister une chose pareille ! Si elle existait, ce serait d’une telle absurdité !

6
Je vous comprends, j’ai eu du mal à m’y faire. Le mieux est de l’accepter, de ne pas lutter. Cela passe tout seul. On se guérit de tout, croyez-moi.

1
Je voudrais y croire, cette fichue distance : celle qui décroît à mesure que le bras s’étend.

6
Vous semblez y tenir. Ça ne me coûte rien après tout. Si vous y tenez tant, je peux tendre un bras.

1
Vous feriez ça ?

6
Oui.

1
Pour moi ?

6
Bien entendu.

1
Vous avez bien changé…

6
Il faut croire.

1
Je ne vous reconnais plus.

[Un jour aussi ténébreux que la nuit : 1]

Un jour aussi ténébreux que la nuit : 1

[voir le projet]

Les indications données par la voix lors de la lecture des textes entre guillemets sont toujours accompagnées d’une démonstration faite par ceux ou celles qu’elle nomme.

Dans toutes les scènes où ils sont présents :
1 garde un sourire crispé.
3 frappe régulièrement son poing gauche contre sa poitrine.
4 frotte régulièrement son œil droit.
6 garde sa tête dirigée vers le plafond.
7 se déplace comme s’il était sanglé et devait traîner derrière lui deux lourdes poutres.

Lorsqu’il y a plusieurs occurrences d’un même chiffre :
soit chaque occurrence est jouée par le/la même comédien(ne).
soit chaque occurrence est jouée par des comédien(ne)s différent(e)s.

Les didascalies sont en italique.

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La voix _ p. 4

8, 3, 5 _ p. 6

1, 5, 6¹, 3, 6² _ p. 7

5 _ p.13

2, 6, 7, 3 _ p.15

9, 2, 4 _ p. 21

6, 1 _ p. 26

4, 7_ p. 31

8, 2, 3², 7, 3¹_ p. 32

7¹, 4, 7² _ p. 37

9, 8¹, 8² _ p. 44

9, 4 _ p. 50

4, 9 _ p. 51

2 _ p. 57

5, 1¹, 1³, 2, 1² _ p. 59

9¹, 1, 4¹, 2¹, 5, 4², 2², 9²_ p. 66

Tous _ p. 72

***

La voix

La voix
Lorsque je lis le texte, je le lis pour la première fois.
Les ordres que je donne sont suivis d’effets pour ceux que je nomme :
« Chacun est un chiffre : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9.
Les chiffres impaires sont masculins : des hommes ou des femmes grimées en homme.
Les chiffres paires sont féminins : des femmes ou des hommes grimés en femme.
Chacun ne possède rien d’autre que ce qu’il porte sur lui.
Chacun des neuf carrés est une pièce vide.
Pour ceux dans le même carré, dans deux cases se touchant par un côté : tous les contacts physiques sont possibles, ils peuvent se voir, se parler et s’entendre.
Pour ceux dans le même carré, dans deux cases se touchant par un angle : les contacts physiques sont possibles avec une seule partie du corps, ils peuvent se voir, se parler et s’entendre.
Pour ceux dans le même carré, dans deux cases ne se touchant pas : aucun contact physique n’est possible, mais ils peuvent se voir, se parler et s’entendre.
Pour ceux dans deux carrés différents se touchant par un côté : aucun contact physique n’est possible, ils ne peuvent pas se voir, mais ils peuvent se parler et s’entendre.
Pour ceux dans deux carrés différents se touchant par un angle : aucun contact physique n’est possible, ils ne peuvent ni se voir ni se parler. Seul celui dont la case est à l’angle du carré peut entendre faiblement l’autre.
Pour ceux dans deux carrés différents ne se touchant pas : ils sont complètement isolés l’un de l’autre, aucun contact physique n’est possible entre eux, ils ne peuvent ni se voir ni se parler ni s’entendre. »

***

5

La voix
Lorsque je lis le texte, je le lis pour la première fois.
Les ordres que je donne sont suivis d’effets pour ceux que je nomme :
« 5 est complètement isolé. »  

5
Chien. Chien. Je ne serai plus seul. Chien. Chien. Je peux me nommer. Je me nomme. Chien. Chien. Ce qui se passe, je le sais, je ne suis pas pressé, j’attends, ce qui doit arriver arrivera, aucun doute, on ne m’aura pas à ce jeu-là, je patiente. Chien. Chien. La lumière : c’est bon. Le sol : c’est bon. Les murs : un, deux, trois, quatre : c’est bon. Le plafond : c’est bon. C’est bien : il n’y a pas à s’inquiéter. Tout est en ordre. Tout. Je suis ici. Chien. Chien. Je suis debout : oui. Je peux m’asseoir : oui. Je peux être assis-debout : oui. Je peux être debout-assis : oui. Tant de possibilités ! Je ne manque de rien. Chien. Chien. Je peux me tourner debout vers le mur numéro un : oui. Je peux me tourner debout vers le mur numéro deux : oui. Je peux me tourner debout vers le mur numéro trois : oui. Je peux me tourner debout vers le mur numéro quatre : oui. Tant de possibilités ! Tant ! Chien. Chien. Je peux me tourner assis vers le mur numéro un : oui. Je peux me tourner assis vers le mur numéro deux : oui. Je peux me tourner assis vers le mur numéro trois : oui. Je peux me tourner assis vers le mur numéro quatre : oui. Tant de possibilités ! Chien. Chien. Je peux me tourner assis-debout vers le mur numéro un : oui. Je peux me tourner assis-debout vers le mur numéro deux : oui. Je peux me tourner assis-debout vers le mur numéro trois : oui. Je peux me tourner assis-debout vers le mur numéro quatre : oui. Je peux tout. Tant de possibilités ! Je peux me tourner debout-assis vers le mur numéro un : oui. Je peux me tourner debout-assis vers le mur numéro deux : oui. Je peux me tourner debout-assis vers le mur numéro trois : oui. Je peux me tourner debout-assis vers le mur numéro quatre : oui. Tant de possibilités ! Assis je lève la tête vers le plafond : oui. Assis je baisse la tête vers le sol : oui. Debout je lève la tête vers le plafond : oui. Debout je baisse la tête vers le sol : oui. Je ferme les yeux très fort : il n’y a plus de lumière. J’ouvre les yeux grand ouvert : la lumière est. Je peux tout ! Tout ! Tout ! Je peux m’allonger, m’allonger sur le ventre les yeux ouverts : oui. M’allonger sur le ventre les yeux fermés : oui. M’allonger sur le dos les yeux ouverts : oui. M’allonger sur le dos les yeux fermés : oui. M’allonger sur le côté gauche les yeux ouverts : oui. M’allonger sur le côté gauche les yeux fermés : oui. M’allonger sur le côté droit les yeux ouverts : oui. M’allonger sur le côté droit les yeux fermés : oui. Chien. Chien. Je peux tant de choses ! Je ne sais plus quoi faire !

***

9, 8¹, 8²

La voix
Lorsque je lis le texte, je le lis pour la première fois.
Les ordres que je donne sont suivis d’effets pour ceux que je nomme :
« 9 est complètement isolé du groupe formé de   et : aucun contact physique n’est possible avec eux, il ne peut ni les voir, ni leur parler, ni les entendre.
Seule peut entendre faiblement 9.
Entre et aucun contact physique n’est possible, ils ne peuvent pas se voir, mais ils peuvent se parler et s’entendre. »

9 se parlant à lui-même.
Tout est la faute du sol ! S’il n’était pas là… Tout est de sa faute : tant que je ne l’avais pas remarqué j’allais bien. C’est lui !

en parlant de 9
Et l’autre qui parle pour ne rien dire ! Je vais m’allonger. Je peux aussi fermer les yeux. M’allonger sur le ventre : comme ça, bien installé. M’allonger sur le dos : comme ça, bien installé. M’allonger sur le côté gauche : comme ça, bien installé. M’allonger sur le côté droit : comme ça, bien installé. Je dors.

à
Vous m’entendez ? Vous m’entendez ? Vous m’entendez ?

9
Tout est de sa faute ! C’est en me penchant, sous un certain angle, que je l’ai  découvert. Alors tout est de ma faute ?

en parlant de 9 puis en s’adressant à
Et l’autre qui parle pour ne rien dire ! Je vous écoute.


Vous m’entendez ?


Je vous écoute.


Vous m’entendez ?

9
Tout est ma faute ! Ma peau se durcit, chaque orifice, chaque interstice se bouchent. Mon corps ne fait plus qu’un avec les murs le sol et le plafond.

en parlant de 9 puis en s’adressant à
Et l’autre qui parle pour ne rien dire ! Je vous écoute.


Vous m’entendez ?


Oui, je vous entends.


Ah ! Vous m’avez fait une de ces peurs ! Angoisses ! Appréhensions ! Craintes ! Effrois ! Épouvantes ! Frayeurs ! Inquiétudes ! Phobies ! Terreurs ! Si j’y passe, c’est vous !


Journal de bord, espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine m’empêche de dormir.


Journal de bord : espace numéro neuf : une voix féminine a dit que je l’empêchais de dormir.


Journal de bord : espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle m’empêchait de dormir.


Journal de bord, espace numéro neuf : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que je l’empêchais de dormir.


Journal de bord, espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle m’empêchait de dormir.


Journal de bord, espace numéro neuf : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit je l’empêchais de dormir.


Journal de bord, espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle m’empêchait de dormir.


Journal de bord, espace numéro neuf : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit que je l’empêchais de dormir.


La ferme !


Vous m’entendez ?


Je vous écoute.


Vous m’entendez ?

9
Si je ne m’ennuyais pas tant, cela serait passé inaperçu. Sur mes deux oreilles je dormirais. J’aurais dû me casser une jambe, me ronger un bras ! Le sol !

en parlant de 9 puis en s’adressant à
Et l’autre qui parle pour ne rien dire ! Je vous écoute.


Vous m’entendez ?

9
S’il n’était pas là… C’est lui le coupable ! Tout est de ma faute. En me penchant j’aurais dû perdre l’équilibre, me fracasser le crâne contre ce satané sol !

en parlant de 9 puis en s’adressant à
Et l’autre qui parle pour ne rien dire ! Je vous écoute.


Vous m’entendez ?


Oui, je vous entends.


Ah ! Vous m’avez fait une de ces peurs ! Angoisses ! Appréhensions ! Craintes ! Effrois ! Épouvantes ! Frayeurs ! Inquiétudes ! Phobies ! Terreurs ! Si j’y passe, c’est vous !


Journal de bord, espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine répète mot pour mot ce qu’elle a déjà dit il y a quelques minutes.


Journal de bord, espace numéro neuf : une voix féminine a dit que je répétais mot pour mot ce que j’avais déjà dit il y a quelques minutes.


Journal de bord, espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle répétait mot pour mot ce qu’elle avait déjà dit il y a quelques minutes.


Journal de bord, espace numéro neuf : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que je répétais mot pour mot ce que j’avais déjà dit il y a quelques minutes.


Journal de bord, espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle répétait mot pour mot ce qu’elle avait déjà dit il y a quelques minutes.


Journal de bord, espace numéro neuf : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit que je répétais mot pour mot ce que j’avais déjà dit il y a quelques minutes.


Journal de bord, espace numéro huit, ou six c’est selon : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle répétait mot pour mot ce qu’elle avait déjà dit il y a quelques minutes.


Journal de bord, espace numéro neuf : une voix féminine a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit que j’avais dit qu’elle avait dit que je répétais mot pour mot ce que j’avais déjà dit il y a quelques minutes.


La ferme !


Vous m’entendez ?

9
Je ne le supporte plus ! Coincé ici entre ces quatre murs. Rester seul… Tout est de ma faute !

en parlant de 9 puis en s’adressant à
Et l’autre qui parle pour ne rien dire ! Je vous écoute.


Vous m’entendez ?


Je vous écoute.


Vous m’entendez ?


Je vous écoute.


Vous m’entendez ?

9 suivant du doigt les quatre angles et les quatre lignes nécessaires pour faire les six surfaces de la pièce.
Angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne, angle, ligne.


Vous m’entendez ?

9
J’aurais dû me crever les yeux sous un certain angle ! Si seulement quelqu’un ! Quelqu’un ?

àet 9
Je vous aime !

[Un jour aussi ténébreux que la nuit : 2]

Greffe : 28

Entre l’Ancienne Ville et la Nouvelle Ville, il y a une zone tampon : le Camp. Il est contrôlé par la force militaire de la Nouvelle Ville. Ceux qui y travaillent sont nommés les Engagés car ils s’engagent à y perdre leur temps comme leur vie.

Un Engagé est prêt à tout, en toute circonstance.

Un Engagé hait par essence l’ennemi qui par-dessus tout le maudit.

Un Engagé est enragé ou ivre.

Le Camp n’a pas d’apparence : il s’étire aussi loin que l’Engagé prend ou cède du terrain à l’ennemi.
L’Engagé n’a d’autre droit que d’avancer.

L’Ancienne Ville n’est « ancienne » que par la volonté politique du Gouvernement : ce sont ses rêves qui la vieillisse à vue d’œil comme à vue de nez.
L’Engagé en est son gros bras droit armé.

Le Gouvernement ne gouverne pas plus loin que ne s’étend la Nouvelle Ville. Le Gouvernement ne voit pas plus loin que la lorgnette qui lui sert de lorgnon.
Le Gouvernement est une mairie.
La Mairie est le Gouvernement : il étouffe et transpire du peu de mètres carrés qu’il possède, bavant et saignant sur les kilomètres cubes à l’entour.

La Nouvelle Ville est « belle » par décret du Parlement.
Le Camp est son faire-valoir informe, la main géante de son corps étriqué qui grappille à gauche à droite de l’espace, qui crie au loup, aboie et mord.

La Nouvelle Ville est « unique » par décision de la Commission extraordinaire

La population redoute plus que tout l’ennemi.

L’ennemi est d’une autre race.

[Greffe : 27]

The Murder of : 2

I killed my husband, once or twice, many times over. Could that be possible? Was that a dream? Usually, I aim at truth.

“Could you tell me what he said to you? A lie, again, wasn’t it?”

“As a matter of fact…”

“In fact, it was a lie, wasn’t it? I hate liars the most. May those lies of them strangle them right away.  That should be fun to see. That certainly should.”

I must be the culprit, I was the only one who held a grudge against him. This will be my rejoinder: “My motto is ‘the truth, only the truth’. You might have heard that somewhere, that kind of things happens sometimes.”

“Have you already seen his pet? A mongoose! That is the uglier animal I have never seen in my whole life. Tiny eyes that follow your every movement, tiny ears, tiny legs… Everything is tiny. They are like father and son: alike.”

We were so unlike. I can’t even remember why we married each other. A spur-of-the-moment? Therefore now, I can only blame myself.

“And, it has got those tiny teeth too! Pointy tiny teeth, sharper than a knife-edge knife. Look! Just like that! Pointy tiny teeth that squeal ‘I am armed to the teeth’, more or less. On that account, I didn’t even dare to look at it in those tiny evil eyes of it.”

They asked me a lot of questions. How can I explain what occurred? I withheld all that could accuse me, all the same they didn’t believe me.

“Such a hideous creature! In the teeth of that, how can he like that mongoose?”

How can that be possible? A rampant suspicion. I asserted that I couldn’t do that to him. « Why not? » They requested. I am not sure. But I am sure they didn’t like me. Some kind of prejudice.

“As I avoided him, he dared to placidly look at… look at… I don’t remember what it was, but it certainly was not me. Can you believe that? The humiliation panged at that time.”

They hated my self-confidence, they hated it so much. They scorned all my precious cast-iron fake alibis. Therefore, they had nothing but scorn for me.

“I whish he could die very slowly of acute gastritis, a very malignant one, you know. Thanks to that I could leisurely look at him in constant pain. That should be fun to see. It certainly should.”

They urged me to commit suicide. “Over my dead body!” I yelled at them. They smirked at me. My demise, they were dying to gaze at my poor lonely lovely dead body.

“I don’t agree with your assertion that he is only a human being: he is definitely the worst! His crest should be a human upside down, as they did in Satanism with the Christian cross. The Antichrist, the Satanists, those things. Have you ever heard about them? You certainly have. He obviously hasn’t, otherwise he wouldn’t have been so stupid. I am sure he has never opened a book. For Christ sake! Can you believe that?”

“May you go to meet your maker thanks to an over-indulgence in self-confidence,” they claimed. How could the Lord have even heard them out? What a shameless prayer! How crappy! What the hell were they asking to God? Sweet Jesus! How could I have possibly died from that?

[The Murder of : 1]